DRC Project Workshop – 26th/27th/28th August 2021

Published: 4th October 2021

On August 26th-28th, our partners in the DRC hosted an in-person workshop on the UCC Mont-Ngafula campus in Kinshasa. The workshop featured representants of public institutions, humanitarian and development cooperation experts, and scientists. The theme of the event was: ‘Articulating humanitarian aid with development cooperation in a context of post-conflict resolution in the DRC’. Click here for the full program, and click here for the detailed summary (in French) of the workshop, written by Research Assistant Fleury DALA.

The representants of public institutions included the Minister on Human Rights, here on behalf of the government, who evoked the importance of transitional justice as a solution to establishing peace and development in his intervention. Representants of the Church, for their part, stressed the question of leadership best suited to apply a policy of sustainable and durable peace and development in the DRC, and expressed their worry that the current policy is not one following the nexus approach. 

Humanitarian and cooperation development experts, on the other hand, pointed out that the UN has identified the DRC as one of the countries following the nexus experimentation since 2018. However, as recognized by Nathanial A. Sevigny (international NGO expert), the framework for the nexus exists but the optimal use of the approach is not yet effective. While a consensus to work together has already been found between peace, development, and humanitarian actors, many challenges still exist – particularly regarding different work philosophies, different expectations, integration of national NGOs and civil society, etc. 

There is a general convergence of opinion regarding the use of the nexus between the bilateral and multilateral partners (see above) and the Congolese government. In fact, the use of the nexus approach by the government is made concrete in the Strategic National Programme of Development (PNSD). However, more coordination is needed in that regards, particularly regarding aid policy. The potential departure of the Monusco – there are talks on the matter between the DRC and the Security Council – could allow the DRC to take the lead regarding the implementation of the nexus approach. 

While the government and the bilateral and multilateral partners are hopeful regarding the nexus, scientists are more doubtful, particularly on the topic of development aid. UCC Professor Bakandeja, for instance, believes that development aid is a factor of poverty, weakening economic growth, increase in corruption, loss of independence, and the weakening of the authority of the State. Professor Makaya agreed that transitional justice is one of the way forwards that ought to be explored, and underlined the importance of humanitarian actors, as well as cooperation of every action at every stage. 

Overall, five main points emerged from this three day-long workshop.
1) The necessity to think of humanitarian aid not with regards to agendas and standards set beforehand by funders, but with regards to the real needs of the beneficiaries/local populations. 

2) Humanitarian aid should be considered, with regards to the different contexts, in a more encompassing vision integrating peace and sustainable development for the populations.

3) A sound governance policy of humanitarian aid (programming-transparency-accountability).

4) A re-focus of humanitarian aid objectives and development aid to get populations out of crisis situations and to lead them towards sustainable peace. 

5) The definition of a judicial framework conciliating the need for aid with sustainable peace. 

Programme détaillé

Ière JOURNEE : JEUDI, 26 août 2021

Modération : Prof Abbé Liévin ENGBANDA (SGA, IPCM)

Cérémonie d’ouverture

08h45’: Arrivée des participants et mise en place 

09h15’: Prière d’ouverture (Modérateur)

09h20’: Adresse de bienvenue (Directeur Général de l’IPCM)

09h30’: Mot du PCA de l’UCC et de l’IPCM (par le Recteur de l UCC)

09h30’: Mot du Ministre des droits humains

09h35’: Ouverture de l’Atelier par le Président de la CENCO et Chancelier de l’UCC

09h40’: Présentation du Programme par le Modérateur et présentation des participants

10h00’: Pause-café (photo de groupe et networking)

Panel 1 : Comprendre l’agenda nexus 

10h20’: L’approche nexus et sa mise en œuvre en RDC: origine et intégration dans la planification nationale et provinciale (Nelly Kankolongo, Coordonnatrice Unité Croissance Inclusive et Développement Durable CIDD-PNUD)

10h50’: L’approche nexus, mise en œuvre en RDC à travers le groupe de coordination des partenaires (GCP) –  Michel Champredon, Spécialiste dans la coordination de l’aide internationale et secrétaire du GCP – MONUSCO)

11h10’: L’agenda nexus : projets-pilote en RDC (Nathaniel Allaire Sévigny, Chef de mission de Magna, ONG internationale)

11h35’: Répondant 1 : Hon. Delly Sesanga, Député national et/ou Hon. Claudel Lubaya, Député national

11h45’: Répondant 2:

Directeur Théo Kanene, Coordonnateur de la PGAI – Ministère du Plan

11h55’: Questions – Débat

Panel 2 : L’impact des acteurs internationaux dans le rétablissement de la paix

12h30’: Les défis d’une paix durable en RDC (Michel Champredon,  MONUSCO)

12h50’: La politique économique de l’aide internationale en RDC: impact sur le rétablissement de la paix (Paulin Zabudi, Économiste)

13h10’: Répondant 1:

Claude Ibalanky, Coordonnateur national du Mécanisme de suivi de l’accord-cadre d’Addis-Abeba)

13h20’: Répondant 2:

Godefroid Kambale Kamabu, Ministère du Plan

13h30’: Discussions

14h00’: Rafraichissement – Fin

2e JOURNEE : VENDREDI 27 août 2021

Thème : « Quelles politiques dans la coordination de l’aide humanitaire et la coopération au développement en RDC ?»

Modération : Prof Frédéric-Bienvenu Mabasi, UCC

08h45’: Arrivée des participants et mise en place

09h15’: Synthèse de la journée précédente et presentation du programme par le Modérateur

09h30’: Comprendre la gouvernance de l’aide internationale  en RDC (Madame Naomie Mvumbi Madidila, Experte en gestion et coordination de l’aide, Ministère du Plan)

10h00’: Quelle cartographie de l’aide face aux priorités de développement en RDC ? (Conseiller Marcel KANDA, Expert au Ministère du Plan & Fidèle Mukute Mopolo, Administrateur Technique de la PGAI-Ministère du Plan).

10h40’: Pause-café

11h00’: Les défis de la politique interne de l’aide internationale en RDC (Godfrey Tshis Talabulu, Programme Manager – Coopération britannique)

11h30’: Répondant : Hon. Maguy Kiala

11h50’: Questions & débat

12h30’: Rafraichissement – Fin

3e JOURNEE : SAMEDI 28 août 2021

Table-ronde pour articuler les liens entre l’aide humanitaire et la coopération au développement dans un contexte de conflit ou de reconstruction post-conflit

Modérateur : Christian Moleka, Assistant UNIKIN 

09h00’: Synthèse de la journée précédente par le Modérateur et presentation du programme

09h10’: Développement et assistance humanitaire au cœur de la consolidation de la paix (Prof Bakendeja, UCC ) 

09h40’: Justice transitionnelle et interventions humanitaires : comment évaluer la  redevabilité des humanitaires dans le contexte de la RDC?( Prof Serge Makaya, Unikin )

10h10’: Pause-café

10h30’: Présentation des résultats de l’enquête de terrain

10h50’: Questions & débat

11h30’: Presentation de grandes lignes du Policy document (Secrétariat)

12h00’: Mot de clôture (DG, IPCM)

12h30’: Fin de l’atelier – Cocktail

Résumé détaillé

L’IPCM accueille un atelier de réflexion sur le triple nexus humanitaire-développement-paix en RDC. 

Lorsqu’on évoque la République Démocratique du Congo dans des fora locaux et internationaux, un des éléments souvent mis en exergue et devenu la caractéristique principale de son tableau descriptif est justement la persistance des conflits, fussent-ils armés ou non armés. Des projets et des initiatives pour y mettre fin tentent un trait d’union entre différents intervenants qui agissent soit ensemble soit en ordre dispersé, pour atteindre leurs objectifs. Réfléchir plus en profondeur sur la possibilité d’actions concertées, mieux coordonnées (pour des résultats plus durables) en présence d’une foule extrêmement morcelée de protagonistes suivant chacun ses propres préférences, telle a été la motivation derrière l’organisation d’un atelier par l’Institut Panafricain Cardinal Martino (IPCM), dans le cadre des activités prévues au projet Endless conflicts

L’atelier a eu lieu à Kinshasa, du 26 au 28 août 2021, dans la salle de conférence de l’Université Catholique du Congo (UCC), campus de Mont-Ngafula. Le programme de l’activité, qui a aligné et rassemblé des représentants des institutions publiques, des experts de l’humanitaire et de la coopération au développement ainsi que des scientifiques, a porté sur le thème ainsi formulé : « Articuler l’aide humanitaire avec la coopération au développement dans un contexte de reconstruction post-conflit en RDC ».

La nature de l’atelier, l’importance du thème retenu à l’agenda et le statut de l’IPCM ont contraint les organisateurs à y inviter des personnalités du monde politique et de l’Eglise catholique. La présence de hauts représentants de ces deux entités est bien plus qu’évidente. Le contexte politique de la RDC est à double face : il est décrit comme celui de post-conflit mais il est aussi celui de l’existence des conflits contre lesquels le gouvernement congolais travaille à la recherche des solutions. C’est dans ce sens qu’on peut comprendre les deux grandes décisions politiques prises récemment par le Président de la RDC : l’instauration de l’état de siège dans deux provinces sur les 26 que compte le pays, à savoir les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri ; le lancement d’un nouveau projet de désarmement, démobilisation et réinsertion des membres des anciennes milices. 

En ce qui concerne l’Église catholique, elle est d’abord l’institution qui a érigé l’IPCM. Ses évêques, par leur conférence[1], en sont l’autorité légale. Ensuite, l’Église catholique est profondément engagée dans la question socio-politique avec ses prises de position et ses actions, au nom de sa doctrine sociale.

Le Ministre national des droits humains, Son Excellence Albert-Fabrice Puela, a représenté le gouvernement à l’ouverture de l’atelier. Il mène actuellement son action politique dans la reconnaissance par l’État de ses interventions dans des conflits où il y a eu des abus des droits humains de la part de ses agents. Il envisage la justice transitionnelle comme solution pour l’établissement de la paix et l’amorce du développement. En l’évoquant dans son discours à l’ouverture, il a formulé le vœu que l’IPCM explore cette piste comme contribution dans la recherche de l’articulation du nexus humanitaire-développement-paix : « il est essentiel que le triptyque humanitaire-développement-paix soit appréhendé de manière à mieux comprendre le rôle et l’impact de tous les acteurs et intervenants en vue d’une action efficiente et pragmatique. Pour nous, en tant que Ministre des droits humains, les résultats qui sortiront de cet atelier constitueront une mine d’informations sur lesquelles nous pourrons nous appuyer dans le travail de mise en œuvre de la justice transitionnelle en RDC, auquel nous sommes attelés ».

Le discours des représentants de l’Église Catholique a souligné le bien-fondé de l’atelier et relevé le soutien de l’Église au projet qui rencontre les raisons de son engagement socio-politique. Le recteur de l’UCC, l’abbé Léonard Santedi[2]a eu ces mots justes : «…la RDC n’a cessé de connaître des conflits socio-politiques qui ont conduit à des guerres multiples et multiformes…Tous ces conflits ont sérieusement entravé la paix et le développement du pays au point que les résultats, après autant d’efforts d’aide humanitaire, restent très mitigés et la vie de la population peine à s’améliorer si elle n’est pas seulement une croissance dans la misère. D’où cette grave interrogation à la suite des évêques membres de la CENCO : ‘Jusques à quand les habitants d’un pays, qui en réalité dispose de tant de potentialités agricoles, forestières, lacustres, fluviales, doivent-ils continuer à se nourrir grâce à des programmes d’aide humanitaire ? C’est scandaleux et inacceptable !’ »[3]. Pour le recteur de l’UCC, cet atelier devait répondre à l’interrogation de la CENCO en examinant la question du leadership : « Extirper la dichotomie entre l’aide humanitaire et l’aide au développement demeure essentiel pour éliminer les défis structurels à une paix durable et à une reconstruction avec impact visible. C’est pourquoi nous comptons sur cet atelier pour examiner également la question du leadership à même de conduire cette politique de bonne gouvernance pour le développement du pays ». 

Si à partir des interventions des représentants de l’Église catholique, il y a lieu de comprendre qu’ils ont relevé le manque d’une approche d’intégration de l’humanitaire, du développement et de la sécurité, ce n’est pas, en revanche, l’avis des experts de l’humanitaire et d’aide au développement qui, eux, ont positivement présenté l’approche nexus humanitaire-développement-paix utilisée en RDC depuis novembre 2018 avec l’accord du gouvernement. Nathaniel Allaire Sévigny, chef de mission de l’ONG canadienne Magna, l’a souligné dans son intervention : « La RDC est l’un des pays que le Secrétaire-Général de l’ONU a identifiés comme ceux de l’expérimentation de l’approche nexus ». Les partenaires bilatéraux et multilatéraux utilisent donc depuis 2018 l’approche nexus en RDC. Avec le gouvernement congolais, ils ont défini quatre secteurs prioritaires : (i) sécurité alimentaire et malnutrition, (ii) accès aux besoins sociaux de base (santé et éducation), (iii) déplacement interne des populations et (iv) violences basées sur le genre. 

Qu’ils soient experts du PNUD (Nelly Kankolongo), de la MONUSCO[4](Michel Champredon) ou d’une ONG internationale (Nathaniel A. Sévigny), d’une agence de développement international (Godfrey Talabulu du cluster Éducation de la coopération britannique), tous ont nourri les participants de toute la quintessence de l’approche nexus à laquelle ils croient fermement. Pour ce groupe, « l’approche nexus n’est pas un projet stratégique mais c’est la planification, une manière de travailler en commun et un outil de mobilisation des fonds » autour de trois secteurs piliers humanitaire-paix-développement. Elle nécessite un travail coordonné dès le début de l’identification des besoins[5]

Toutefois, Sévigny a reconnu que si le cadre du travail existe, de même que l’architecture des interventions, la mise en marche de ce cadre et donc l’utilisation optimale de l’approche nexus n’est pas encore effective. Le consensus a certes déjà été trouvé entre tous les intervenants dans les secteurs de l’humanitaire, du développement et de sécurité de travailler à l’atteinte des résultats collectifs. Il faut, pour cela, relever les défis de différences de philosophie de travail, de l’intégration des ONG locales et de la société civile, la gestion de changement politique au niveau national et provincial, du meilleur principe de la redevabilité ainsi que de la gestion des attentes de tous les acteurs impliqués. Les experts[6]du ministère du plan, représentant le gouvernement congolais, ont également affirmé l’utilisation de l’approche nexus dans l’élaboration des projets et programmes, d’initiative propre ou en collaboration avec les partenaires multilatéraux ou bilatéraux. Pour le Directeur Théo Kanene, Coordonnateur de la Plateforme de la Gestion de l’Aide et des Investissements (PGAI) au ministère du plan, « l’approche nexus est une innovation pour le gouvernement congolais, un engagement mutuel dans une nouvelle manière de travailler ». L’utilisation de l’approche nexus par le gouvernement congolais est concrétisée dans le Programme National Stratégique de Développement (PNSD). En outre, en s’appropriant l’approche nexus, le gouvernement congolais avec ses partenaires bilatéraux et multilatéraux, a mis en place la PGAI, qui est à la fois institution et outil technologique, par lesquels le gouvernement démontre sa volonté politique sur la transparence et la redevabilité[7]

La convergence en théorie de la vision entre le gouvernement congolais et les partenaires bilatéraux et multilatéraux, au sujet de l’approche nexus, laisse entrevoir la possibilité affirmée par M. Godfrey Talabulu, de la coopération britannique[8], que « l’aide au développement peut marcher ». Toutefois, il faut agencer les attitudes, les comportements et les pratiques dans le partenariat et dans la gouvernance. En lien avec ce dernier, par exemple, la RDC ne dispose pas encore formellement de politique d’aide. Le document est en élaboration avec l’appui du PNUD, selon les experts de la PGAI. Dans la perspective du retrait de la Monusco dont les discussions ont de nouveau été entamées entre le gouvernement de la RDC et le conseil de sécurité de l’ONU, il s’ouvrira pour la RDC l’opportunité d’assurer son leadership dans l’appropriation de l’approche nexus (N.A Sevigny), confortée de l’engagement des bailleurs de fonds. Pour le Coordonnateur de la PGAI, l’appropriation est un facteur crucial : « Il importe de vulgariser cette nouvelle approche auprès des acteurs nationaux et surtout l’implémenter dans toutes nos politiques publiques pour espérer l’atteinte des résultats collectifs »[9]

La vision du gouvernement congolais et celle de ses différents partenaires convergent, quant à l’approche nexus, malgré les faiblesses (manque de leadership congolais, non diffusion des résultats de la part des partenaires bilatéraux) et les défis. Mais cette vision est loin de contenter des scientifiques qui se sont avérés plus critiques, non pas de la théorie mais de sa pratique, en s’interrogeant sur le rôle de l’aide au développement et de son impact sur la population congolaise. Le professeur Bakandeja[10]de l’UCC, par exemple, voit en l’aide au développement un facteur de l’accroissement de la pauvreté, de l’affaiblissement de la croissance, de l’alimentation de la corruption, de la perte de l’indépendance et de l’affaiblissement de l’autorité de l’État. 

Tout n’est pas que négatif dans la conception de l’aide humanitaire et de l’aide au développement. Tout en distinguant l’aide humanitaire de l’aide à la reconstruction, le Prof Bakandeja avoue que c’est utile. En effet, les besoins humanitaires congolais se chiffrent à près de 2,5 milliards de pounds ; mais hélas, seulement 1% de cette aide a été mobilisé jusqu’ici.  Il faut donc une gestion efficace et durable pour renverser sa mauvaise tendance. Le Prof Bakendeja en appelle à l’intégration de ces deux types d’aide, à l’organisation de soutien à la résilience et à la capacité politique de toute la communauté nationale, qui devra s’approprier et domestiquer l’aide humanitaire et l’aide au développement.

En guise d’appropriation, pour le professeur Serge Makaya[11], dans le contexte de post-conflit où se trouve la RDC, avec son passé lointain et récent rempli de conflits meurtriers, la justice transitionnelle est une des pistes de solutions à explorer ; mais « à condition de respecter les quatre piliers que sont la vérité, la justice, la réparation et la garantie de non-répétition ». En contextualisant la justice transitionnelle, le professeur Makaya a relevé le rôle important des humanitaires ; car l’accompagnement des moyens d’action est nécessaire. Le maitre-mot est la coordination de toutes les actions, à toutes les étapes. Le renforcement du partenariat entre l’État et les humanitaires jouera un rôle-clé dans la prévention des conflits. 

De ces échanges de trois jours, menés par les experts de l’humanitaire et de la coopération au développement, les experts du gouvernement et les scientifiques – en présence d’une participation remarquée de la société civile et des membres de l’Église catholique – on peut retenir, selon l’abbé Jules Kienga, Directeur Général de l’PCM, les points suivants : 

  • La nécessité de penser l’aide humanitaire non pas en fonction des agendas et standards fixés préalablement par les bailleurs de fonds, mais selon les vrais besoins des populations locales/bénéficiaires ;
  • L’aide humanitaire doit être pensée, selon les contextes, dans une vision plus englobante qui intègre paix et développement durable des populations ;
  • Une saine politique de gouvernance de l’aide humanitaire (programmation-transparence-redevabilité) ;
  • Un recentrage des objectifs de l’aide humanitaire et de l’aide au développement pour sortir les populations des situations de crises et les accompagner dans la marche vers une paix durable ; 
  • La définition d’un cadre juridique qui concilie le besoin d’aide à une paix durable.

A la clôture de l’atelier, le Directeur Général de l’IPCM a rendu un vibrant hommage aux intervenants[12]et aux participants ainsi qu’aux partenaires de l’Université de Glasgow et de l’Université Libre de Berlin, initiatrices du projet Endless Conflicts qui est le cadre qui justifie l’organisation de cet atelier, première étape dans l’étude du cas de la RDC. 


[1]Les évêques catholiques sont réunis en une structure de coordination de leurs actions appelée « Conférence Épiscopale Nationale du Congo », CENCO, qui est très active dans le débat socio-politique de la RDC. Elle est aussi présente dans le secteur de l’éducation tertiaire avec ses universités notamment l’Université Catholique du Congo et l’Institut Panafricain Cardinal Martino. 

[2]L’abbé Léonard Santedi, bien que recteur de l’Université Catholique du Congo (UCC), a représenté Mgr Fulgence Muteba à cet atelier, Président du Conseil d’Administration de l’UCC et de l’IPCM. De même l’abbé Georges Kalenga, 2eSecrétaire-Général adjoint de la CENCO, a solennellement ouvert l’atelier au nom de Mgr Marcel Utembi, Président de la CENCO et Chancelier de l’UCC.  

[3]CENCO, Il est temps de nous réveiller, Numéro 6 (2009). 

[4]Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo, présente en RDC depuis 2003, à la suite du conflit qui avait fractionné le pays en 3 parties dont deux contrôlées par les groupes armés (les rebellions du Mouvement de Libération du Congo, au nord-est, et du Rassemblement Congolais pour la Démocratie, à l’est). 

[5]Voir la conférence de Nathaniël A. Sévigny du 26 août 2021 à l’atelier de l’IPCM à Kinshasa. Inédit. 

[6]Il s’agit de Marcel Kanda, Fidèle Mukute, Théo Kanene et Daniel Paluku. 

[7]Voir la communication de Fidèle Mukute, Administrateur Technique de la PGAI-Ministère du Plan, à l’atelier de l’IPCM, le 27 août 2021. 

[8]Bien qu’intervenant comme expert en développement et employé par l’agence britannique de développement international, M. Talabulu l’a fait en son nom propre. Sa conférence est tirée de son expérience personnelle. 

[9]Voir la communication de Théo Kanene, comme contribution à la réflexion autour de l’approche nexus, dans l’atelier de l’IPCM du 26 au 28 août 2021. 

[10]Professeur de droit à l’UCC et l’Université de Kinshasa, il est expert en droit économique et en finances publiques. Voir sa conférence à l’atelier de l’IPCM-Université de Glasgow-Université Libre de Berlin, à Kinshasa, le 28 août 2021. Inédit. 

[11]Professeur de droit à l’Université de Kinshasa, spécialiste de justice transitionnelle. Voir sa conférence  à l’atelier de l’IPCM-Université de Glasgow-Université Libre de Berlin, à Kinshasa, le 28 août 2021. Inédit. 

[12]Les intervenants ont été M. Fabrice Puela, Ministre des droits humains au gouvernement national, l’Abbé Georges Kalenga (CENCO), l’Abbé Léonard Santedi (Recteur de l’UCC), Nelly Kankolongo (PNUD), Michel Champredon (MONUSCO), Nathaniël A. Sevigny (Magna), Godfrey Talabulu (DFCO), Théo Kanene (Ministère du plan), Daniel Paluku Malekani (Ministère du Plan), Naomi Mvumbi (Ministère du Plan), Marcel Kanda (Ministère du Plan), Fidèle Mukute (Ministère du Plan), Professeur Bakandeja (UCC et Université de Kinshasa), Professeur Serge Makaya (Université de Kinshasa). Les modérateurs ont été du premier au troisième jour : l’abbé Liévin Engbanda (Secrétaire Général Académique de l’IPCM), Professeur Frédéric-Bienvenu Mabasi (UCC) et Christian Moleka (Assistant à l’Université de Kinshasa et Coordonnateur nationale de la Dynamique des Politologues). Le secrétariat technique a été assuré par Fleury Dala (assistant de recherche à Endless Conflicts Project) et Chilly Dinasia (défenseur judiciaire) et la logistique par Deogratias Nlandu (IPCM) et Madame Nadine Bakapana (UCC). Pascal Sundi et l’abbé Jules Kienga ont supervisé les opérations, respectivement comme chercheur principal et recteur de l’IPCM. Le Révérend Liévin Engbanda a présenté les résultats compilés de l’étude préliminaire après enquêtes auprès de personnes-ressources sur le nexus humanitaire-développement-paix en RDC par l’IPCM. Cette présentation fera l’objet d’un autre papier. 

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